Horsefriendship, comportementaliste équin spécial transport

HorseFriendship est une entreprise créée en 2026 par Allison Imbert, éducatrice comportementaliste. Allison nous rappelle qu'éducateur et comportementaliste ne sont pas exactement les mêmes métiers. Le premier forme le cheval dans un cadre de travail donné ; tandis que le second travaille sur les troubles et les interactions, et peut être amené à “réparer” les erreurs liées à un apprentissage mal dispensé. Apprendre et réapprendre pour aider les chevaux à mieux embarquer - et en parler sur un podcast - c'est ce que fait Allison. Aujourd'hui, Ogalo vous présente Horsefriendship, comportementaliste équin spécial transport. Ou plutôt, c'est Allison qui répond à nos questions ! 

Ce qui définit ton métier de comportementaliste équin spécialisée transport

Allison, raconte-nous ton histoire avec les chevaux et ton parcours

Quel est ton lien avec les chevaux ? 

🎤 Mon lien avec les chevaux remonte à très jeune. J’ai toujours été à leur contact depuis mes 4 ans. Comme tout le monde, je rêvais d’avoir mon propre cheval pour faire “autrement”, puisque je m’intéressais déjà à l’équitation éthologique en 2009. J’ai dû patienter jusqu’à mes 19 ans pour enfin concrétiser mon rêve. Le premier cheval que j’avais acheté n’est jamais monté dans le camion et ça a vraiment été la douche froide… À tel point que mon seul critère pour le suivant a été celui de l'embarquement. Professionnellement, j'ai décidé de devenir saddle fitter à 21 ans et d'exercer à mon compte jusqu’à mes 25 ans. J’ai ensuite arrêté à cause d'un burn-out et je me suis même coupée totalement du monde du cheval pendant 2 ans et demi.

C’est quand j'ai repris un job salarié en 2020 chez Horse & Ropes, le leader français du matériel d’équitation éthologique, que j’ai voulu reprendre un cheval. J'ai rencontré Garrigue, un hongre mérens de 4 ans. Grâce à lui, j'ai renoué avec des rêves oubliés (du travail à pied avancé, du travail en liberté, concourir en Equifeel). Et j'ai surmonté ma peur de monter à cheval suite à un accident en extérieur. Depuis, je fais tout ce que je peux (psychothérapie en réparation de traumatismes, cours d’équitation, stages avec Evan Delasalle, éducateur et moniteur) pour pouvoir retrouver le plaisir de monter à cheval. C’est encore fragile, mais c’est en bonne voie puisque j’arrive à remonter alors que ça m’était devenu impossible. Tout ce parcours m'a permis de pleinement comprendre les frustrations des clients avec leurs chevaux dans mon métier de comportementaliste équin spécial transport.

Comment tu t’es formée à être comportementaliste équin transport ? Par le biais de quel organisme ?

🎤 Je me suis formée chez Galiana Education pour devenir éducatrice comportementaliste équin spécial transport. Mais j’ai aussi mon bagage personnel très autodidacte. Je continue de me former sur le terrain sans arrêt. Je suis très curieuse et j’aime échanger et voir ce qui se fait ailleurs, même si ça peut ne pas me plaire. Je trouve très important de garder une grande ouverture d’esprit et de la nuance dans ce que l’on pratique. Et on tombera toujours sur le cheval qui nous fera remettre beaucoup de choses en question !

Qu’est-ce qui t'a donné envie de devenir comportementaliste équin transport ?

🎤 J’ai toujours été fan de l’aspect comportement équin et je pense que ça fait très longtemps que ça me fait envie, mais que je n’osais pas. Une forme de syndrome de l’imposteur probablement. Mais quand mon cheval a eu des comportements indésirables lors de sorties en extérieur, qui n’étaient pas dû à un problème d’éducation, j’ai appelé une comportementaliste équin. Elle m’a appris qu’il me manquait une partie importante : la lecture du cheval et le respect de son émotionnel. J’ai adoré apprendre ça, même si ça n’a pas toujours été confortable. J’ai eu un premier déclic en me disant “j’aimerais tellement faire ça”, mais ça n’a pas été immédiat.

En parallèle, je sortais en compétition en Equifeel avec Garrigue, mon cheval, et l’embarquement commençait à devenir de moins en moins facile. Cette situation réactivait mon douloureux vécu avec mon premier cheval, ce qui m'a décidé à vite travailler ce problème pour ne pas le laisser s’installer.

En parallèle, il était compliqué d’emprunter un van et je voulais en avoir un à moi, sans avoir le budget pour en acheter un en état. Comme je suis aussi une grande passionnée de bricolage, j'ai commencé à rénover intégralement un vieux Fautras de 1991. A cette occasion, j’ai énormément appris sur l'univers des vans (les marques, les matériaux, la réglementation, etc.). J’ai alors décidé de créer le premier podcast dédié au transport équin : “Horsefriendship, des chevaux dans le van”, où je développais tous ces sujets. 

Quand je re-travaillais Garrigue à l’embarquement, j’en profitais pour proposer aux filles de l’écurie des sessions accompagnées de travail à l'embarquement avec leur propre cheval. Ça a été un succès puisque tous les chevaux sont montés, même une avec un passé compliqué face au transport. C’est là où tout s’est aligné et où le déclic s’est fait : je pouvais aider les cavaliers et les chevaux à gérer cette étape importante. Et je pouvais aussi les accompagner sur toutes les questions autour du transport. Je me suis alors lancée dans une formation d’éducatrice comportementaliste équin pour me spécialiser dans le travail d'embarquement.

Ta vision du métier

Toi qui aime les métaphores, explique ton métier de comportementaliste équin transport à un enfant de 5 ans. 

🎤 J’adore ! Mon métier est d’aider les humains à comprendre comment leur cheval voit l’environnement. Une fois qu’ils ont compris, j’aide le cheval à comprendre ce que l’humain veut de lui : à savoir monter dans une boîte qui fait du bruit et qui fait peur pour partir à l’aventure. Puis, je finis par aider l’humain à parler correctement à son cheval, pour que tous deux puissent avoir une vraie conversation et que chacun comprenne ce que l’autre attend. Le but, c’est que ni l’un ni l’autre ne soit frustré ou incompris. C'est aussi essentiel que ça, être un comportementaliste équin spécial transport ! 

Donne nous 5 critères pour choisir un bon professionnel du transport

🎤 Je dirais qu'un bon professionnel du transport est : 

  • à l’écoute ;
  • rassurant ;
  • qui conduit correctement et calmement (on ne transporte pas des meubles) ;
  • qui est en règle notamment en terme d’assurance, permis, etc. ;
  • communiquant et réactif.

Donne nous 5 critères pour choisir un bon comportementaliste équin spécial transport si tu es trop loin.

🎤 Alors je fais aussi des séances en visio et ça fonctionne super bien !

Sinon, pour toutes les personnes qui préfèrent du présentiel, je chercherais un comportementaliste équin spécial transport : 

  • à l’écoute (pour bien comprendre ce que vit le client) ;
  • bienveillant (c’est normal si les personnes ne savent pas, on n’a pas à juger) ;
  • qui sait se remettre en question et qui n’applique pas une méthode pour tous ;
  • qui ne promet pas de régler le problème en une séance (pour ancrer des bons schémas il faut du temps) ;
  • qui est capable d’expliquer ce qu’il fait et pourquoi il le fait.

Faire appel à un comportementaliste équin transport

Quand recommandes-tu de faire appel à un comportementaliste équin spécial transport ? 

🎤 Pour le travail de l’embarquement, l’idéal est avant tout premier transport. Ça permet vraiment d’éviter toute forme d’association négative avec et de préparer correctement le cheval. Cela dit, je suis lucide et je sais que ça ne représente que trop peu de cas, donc je dirais que s’il y a eu ne serait-ce qu’un seul embarquement “compliqué” même sans réaction “impressionnante” du cheval (cabré, arrachage de longe) il faut commencer à se poser la question d’une rééducation. Un cheval qui fige est également un cheval en détresse. Forcer ou se dire que ça passera avec de la répétition est rarement un bon calcul.

Comment se déroule une séance avec toi ? 

🎤 Tout d’abord, je me rends chez le propriétaire avec mon propre van si celui-ci n’en dispose pas d’un et je prends le temps d’écouter le propriétaire. Quelles difficultés il rencontre, que fait le cheval, etc. Quel est l’historique de transport et embarquement du cheval ? Quels sont ses objectifs ?

Ensuite, je prends le cheval et je le manipule pour commencer la rééducation. J’explique tout ce que je fais au propriétaire et je l’informe sur l’état émotionnel du cheval, sa posture, etc. Mon but est d’essayer au maximum de ne pas dépasser la limite du cheval, pour qu’il reste dans une situation d’apprentissage la plus favorable. 

Je ne travaille pas “à la séance” mais plutôt sur un forfait d’une dizaine de séances selon les chevaux. C’est ce qui permet de créer du calme et des bases solides en instaurant de la décontraction. Dès que le cheval est plus sécurisé et sécurisant, je fais intervenir le propriétaire pour qu’il apprenne également à se positionner dans le van, qu’il manipule l’objet pour se familiariser avec. Puis, il peut continuer de travailler l’embarquement avec son cheval pour qu’ils prennent tous les deux de l’expérience et de la confiance. Durant cette dizaine de séances, j’aime aussi transmettre les points d’attention à avoir sur l’entretien du van, sa luminosité, l’aération, la sonorisation (atténuer les bruits par exemple). Tout pour améliorer le confort du cheval dans les futurs transports, si les clients disposent de leur propre van.

Raconte-nous le cas le plus difficile de cheval que tu as eu à embarquer 

🎤 Comment ne pas parler du cas de Fiesta, une jument haflinger d’une dizaine d’années, que j’ai pris comme cas d’école pour ma formation. Sa propriétaire m’a contactée pour que mon compagnon, qui est transporteur, s’en occupe. Elle se posait la question de l’embarquement, puisqu’une autre professionnelle avait fait une tentative manquée. Lorsque nous y sommes allés, alors que j’étais très observatrice de ses réactions, elle m’a arraché la longe en une demi seconde et je me suis fracturé un doigt. Je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment, j’ai essayé de l’embarquer, mais rien à faire. Elle n’était pas si “impressionnante” dans le sens où elle ne se cabrait pas, mais figeait très fort.

Au lieu de forcer pendant des heures, j’ai proposé à la propriétaire de faire plusieurs séances avec mon van avec pont avant pour pouvoir la “décoincer”. Aucun résultat. Nous avons appelé la même comportementaliste que j’avais eu pour mon cheval (pour mes soucis d’extérieur), aucune amélioration non plus. J’étais un peu désemparée, mais j’ai proposé à la propriétaire de l’accompagner à pied pour son changement d’écurie, pour reprendre tout le travail d’éducation depuis le début. Elle a choisi de me faire confiance et je lui en suis très reconnaissante, car j’ai beaucoup appris grâce à Fiesta. 

Nous avons revu les bases, à savoir, un simple mener en main correct, cessions aux pressions, mobilisation du corps, hanches, épaules, reculer, travail de l’attache, séparation avec le troupeau. En dehors du van, nous avons retrouvé une jument vivante et qui a appris à communiquer plus calmement qu’en s’éteignant complètement ou en explosant. 

Après plusieurs mois passés à pied que l’on a réintroduit le van, et en 3 séances, elle est montée. Maintenant, sa propriétaire arrive à la faire monter elle-même, même quand la jument montre des difficultés. Tout le travail du van n’est pas encore fini, car nous travaillons beaucoup d’autres choses (elle n’est pas mon cas d’école pour rien). Mais sa propriétaire était ravie de voir à quel point sa jument était devenue plus sécuritaire tout en gardant de la motivation et de la vivacité, ce qu’elle avait complètement perdu auparavant.

3 cas de chevaux qui t’on particulièrement marqués en séance ? 

🎤 Jazz : un petit cheval complètement sauvage avec un passé compliqué, adopté par une propriétaire qui lui a redonné confiance en l’humain. Il devait se faire opérer pour enlever un bout d’os au-dessus du boulet, sauf qu’il ne montait pas, car il n’avait jamais été transporté non sédaté. Le van était donc une grosse épreuve, et il m’a bien fait me creuser la tête, mais nous avons réussi à l’emmener à la clinique dans le calme, et surtout, à rentrer de la clinique en embarquant en 1 minute.

Glam : sa propriétaire me contacte pour travailler l’embarquement car c’est un cheval qui soit n’embarque pas, soit met 4h à monter en camion. La première séance se passe bien, la seconde était une catastrophe (arrachage de longe) et le transport est le lendemain. Je dois trouver une solution. Je comprends que le déplacement des hanches est problématique, je demande à sa propriétaire si elle a essayé le van, qui lui n’implique pas un déplacement de hanches, et elle me dit que non. Je retourne chercher mon van, et après un peu de travail (et un ou deux cabrés tout de même), il finit par rentrer calmement. On répète l’exercice plusieurs fois dans le calme. Le lendemain pour le transport, il monte illico. Je prends tout de même le temps de faire une séance d’éducation (la barre de queue, fermer derrière, puis fermer devant, etc.) et nous partons. A l’arrivée, il était selon la propriétaire plutôt très serein par rapport à d’habitude.

Ullie : une jument mérens ayant un passé compliqué avec l’embarquement, car ses précédents propriétaires l’avaient transporté dans un camion de plomberie trop petit où elle s’était blessée. Depuis, elle ne pouvait plus embarquer sans être sédatée. Sa propriétaire n’avait jamais réussi à l’embarquer elle-même. Nous avons fait quelques séances, mais dès la première séance, elle a réussi à lui faire franchir le van. C’était un réel plaisir de voir qu’elle pouvait elle-même embarquer sa jument après tant d’années de galères.

Allison d’Horsefriendship donne ses conseils pour le transport de votre cheval

Quels conseils donnerais-tu pour qu’un cheval voyage bien ? 

🎤 Le premier conseil que je donnerais pour qu'un cheval voyage bien ? En tant qu'humain, monter dans le transport en question pendant 5 minutes pour bien se rendre compte de ce que le cheval va vivre. Ça fait sourire, mais souvent on comprend beaucoup mieux pourquoi le cheval n’a pas très envie d’y aller. 

Je dirais : 

  • d’insonoriser un maximum le véhicule (autant que possible, on n’est pas forcément propriétaire de son moyen de transport) ; 
  • de toujours proposer du foin même si le cheval ne mange pas d’habitude ;
  • rouler calmement et en anticipant beaucoup (le cheval ne voit pas donc il doit avoir le temps de comprendre un virage pour s’équilibrer) ;
  • proposer des pauses régulières si long trajet pour que le cheval puisse se reposer (en transport il est en gainage constant) ; 
  • et surtout, travailler en amont l’embarquement pour y installer de la décontraction. 

Des études ont montré qu’il y a une augmentation significative du rythme cardiaque lors de l’embarquement. Le transport ne le fait pas spécialement baisser. Si le cheval a appris à être décontracté à l’embarquement, on part déjà avec beaucoup de stress en moins, et je vous laisse imaginer les embarquements “compliqués” où le cheval s’est cabré plusieurs fois pendant 45 minutes et qui voyage derrière…

Plutôt VL, Van ou camion ? 

🎤 Alors je suis team van parce que je n’ai pas la possibilité d’avoir un VL. Souvent tout le monde préfère le camion pour son côté facile à manœuvrer. La vraie question c’est "qu’est-ce que préfère le cheval ?" Il y a eu une étude sur le fait que les chevaux préfèreraient voyager dos à la route, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne voyagent pas bien en droit ou en diagonale. Le mieux est encore de pouvoir tester. J’aime le van pour son côté pratique et accessible, facile à modifier et à réparer. Le VL stalle a l’avantage d’être très sécurisant quand on a un cheval qui peut avoir des réactions dangereuses (par exemple le cheval qui saute par-dessus les barres ou la sellerie du camion, j’ai déjà connu). Le mieux est de s’adapter, je n’ai pas d’avis tranché sur la question, tant que tout est fait pour que le cheval vive au mieux cette étape !

Que penses-tu de la plateforme Ogalo ? 

🎤 Je trouve très pratique d'avoir une telle plateforme à disposition. Il y a beaucoup d’arnaques dans le milieu du transport et c’est important que les clients puissent interagir de manière sécurisée avec des professionnels certifiés avec une éthique de travail. En plus, Ogalo est un support très bien fait et intuitif. L’équipe est aussi super sympathique et réactive.

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Pour quelles raisons conseillerais-tu de passer par Ogalo pour le transport de son cheval ? 

🎤 Je conseillerais de passer par Ogalo pour les assurances et la sécurité. Je vois passer beaucoup de personnes qui ignorent quelles sont les réelles qualifications/obligations pour transporter un cheval de manière professionnelle, et on ne peut pas leur en vouloir. Seulement, quand les trajets sont effectués par des particuliers ou pros pas forcément bien renseignés eux aussi, que se passe-t-il en cas d’accident ? Qui va prendre en charge les frais vétérinaires ? Le rapatriement du cheval ? Personne ne se pose ces questions et pourtant c’est tellement important. Passer par Ogalo, c’est s’enlever toute cette charge mentale et une communication qui peut être parfois compliquée quand on demande à un professionnel ses documents… Aucun risque d’arnaque non plus. Bref, en tant que comportementaliste équin transport, je trouve que c’est simple et sécurisé.

💚 Article invité rédigé par Charlotte Allinieu, webzine Cheval de fille.

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